Je suis Maxime du blog « Trekking et Voyage » sur lequel je raconte mes escapades et autres aventures en Belgique et ailleurs… Amoureux de nature et des grands espaces, je vous invite aujourd’hui à découvrir une magnifique randonnée d’une quinzaine de kilomètres au cœur de la Haute Ardenne. Car il existe encore des coins en Belgique où la nature parvient à laisser émaner sa splendeur et son charme d’antan. Je vous parle d’endroits sauvages et isolés que nul ne saurait imaginer… La vallée de l’Ourthe Orientale dans les alentours de Gouvy en fait partie.

Difficulté

Moyenne

Distance

14 km

Durée

4h (sans les pauses)

Balisage

L’Ourthe Orientale

La pratique de la randonnée pédestre en hiver a selon moi une toute autre dimension que les escapades estivales. Bien que cette balade est tout aussi agréable à réaliser au printemps ou en été. Quand je vous parle de période hivernale, il n’est pas forcément nécessaire d’imaginer des paysages enneigés… Le froid matinal et la rusticité du climat ardennais suffisent à procurer des sensations uniques ! Dès l’aube, tout est figé par la nuit tandis que la nature peine à se ranimer pour sortir de son sommeil glacial. Au fur et à mesure que la matinée s’écoule, le soleil tarde également à se montrer. Le givre cristallin persiste alors jusqu’aux premiers rayons salvateurs… Mon souffle devient un nuage de vapeur, mon visage est crispé mais le froid me fait du bien. Bien emballé et à l’abris du froid dans mes vêtements techniques, mes mouvements sont néanmoins rapides et mes pas restent soutenus en attendant l’apparition de l’étoile embrasée.

Ce jour-là, nous avons cependant beaucoup de chance : le ciel est d’un bleu unique et le soleil est déjà là pour nous réchauffer. Nous jouissons alors d’un mois de février presque printanier et sommes dans les conditions idéales pour découvrir un nouveau coin de paradis.

C’est justement à quelques pas de Gouvy que coule délicatement l’Ourthe Orientale, une rivière qui prend sa source non loin de là, en province du Luxembourg. Sauvage et immaculée, elle se laisse tranquillement aller jusqu’au lac de Nisramont où elle se lie avec l’Ourthe occidentale pour former la fameuse Ourthe, connue pour être l’affluent le plus abondant de la Meuse.

Avant cette finalité inévitable, elle passe d’abord par les étangs de Cherapont d’où nous commençons notre randonnée. Ce petit hameau devenu touristique pour son point d’eau estival ne comptait à l’époque qu’une habitation qui faisait office de moulin. Nous sommes d’ailleurs sur des terres où la meunerie fut jadis très présente…

L’itinéraire emprunte une partie du GR57 et nous nous lançons sur le parcours en boucle nommé « Vallée de l’Ourthe ».  Sachez que la commune de Gouvy regorge de sentiers balisés et plus de 300 kilomètres de balades à travers la haute Ardenne. Il permettent d’apprécier de nombreux endroits demeurés sauvages ainsi que des curiosités remarquables comme des édifices classés, etc. de la commune.

Les premiers méandres de l’Ourthe orientale ne font qu’à peine deux mètres de large et pourtant le charme qu’elle dégage est presque envoûtant… Autant l’Ardenne cache bien des surprises, celle-ci fut complètement inattendue. En effet dès que nous quittons le parking face aux étangs, nous pénétrons directement dans la réserve naturelle au cœur d’une jolie vallée isolée et encaissée. Créée en 1985, le réserve a pour but de préserver la faune environnante très riche. Dès les premiers pas, on constate d’ailleurs que nous posons les pieds sur la terre des castors. Les arbres en portent les traces et mon amour pour la nature reprend le dessus… Je ne peux m’empêcher d’imaginer les animaux, j’essaie de voir où ils passent, je scrute le sol, piste les traces… et je rêve d’en observer . Dès ce moment, je suis comme un enfant à qui on promet une surprise qu’il doit trouver.

La vallée au caractère typiquement ardennais d’une point de vue géologique porte encore les traces d’une surexploitation de ses versants propices aux plantations massives d’épicéas. Le fond est par contre épargné pour y laisser couler paisiblement la rivière riche en poissons. Ses abords sont humides et la végétation abondante pour devenir l’habitat idéal de nombreuses espèces plus rares.

Avec un peu de chance il arrive d’y rencontrer des cigognes noires ou la pie-grièche grise. Au printemps, il paraît également que les prairies explosent de couleurs grâce aux tapis de plantes diverses et des papillons magnifiques… Cette rareté (pour ne pas dire pureté) est la récompense d’une gestion et d’une restauration bénéfique de la réserve. En randonnant ici, vous mettez les pieds dans un paradis d’une richesse exceptionnelle qu’il est primordial de respecter.

Quand je vous parlais de la présence de la meunerie il y a des années, les ruines fatiguées du « Moulin du trou » en est une preuve. Surplombant fièrement la rivière, elles sont le vestige d’un passé rural pas si lointain.

Après quelques passages amusants sur des passerelles couchées sur la rivière, nous remontons vers Rettigny pour arriver à un point de vue agréable et dégagé sur le plateau de la Haute Ardenne. Il y a du vent mais le soleil est bien là… C’est là que nous décidons d’installer confortablement nos hamacs pour y passer un moment reposant et gourmand…

C’est aussi ce genre de moment que j’adore en randonnée : s’installer le temps d’une pause, sortir du sac à dos des produits locaux, une bonne bière brassée dans la commune voisine et profiter simplement du moment, seul ou entre amis…

Après cette pause gourmande, nous continuons ensuite vers le village ardennais en contrebas pour le traverser et remonter vers Cherain et Sterpigny, deux autres entités communales très pittoresques. On peut y apprécier de nombreuses constructions de caractère bâties en pierre du pays et fréquemment peintes en blanc.

Nous redescendons ensuite par des sentiers plus bucoliques pour arriver au lieu-dit « Le beleu » où nous renouons avec l’ambiance paysagère et forestière typique de l’Ardenne

Après quelques pas sur la route de Renglez, nous redescendons finalement comblés sur Cherapon où nous retrouvons notre véhicule. Cette randonnée avec un début « Into The Wild » le long de l’eau fut vraiment une belle découverte…

Je vous souhaite donc de pouvoir en profiter comme nous avons pu le faire… Ces contrées ardennaises sauvages sont un trésor à ciel ouvert, une pépite à préserver en restant sur les sentiers et en ne touchant qu’avec les yeux… Bonne balade !

Maxime

du blog www.trekkingetvoyage.com