« Nous nous sommes rendus récemment dans les environs de Bastogne pour ce qu’il est communément bon d’appeler dans les milieux autorisés, un team building. Sorte de réunion de ‘’travail’’ où l’envie d’échanger ses points de vue avec ses collègues est inversement proportionnel au désir de les assassiner pour de vrai lors d’un paint-ball convivial.

Pourquoi les Ardennes, pourquoi Bastogne ?

La vie au grand air ? Non.

La beauté de la région ? Bien sûr, les monuments et sites sont nombreux, on ne connait pas une région plus achalandée en beautés architecturales que nos Ardennes, citons pêle-mêle…citons pêle-mêle.

La faune et la flore ? Oh, il y a des arbres, des champs de betteraves, et des sangliers qui se reproduisent comme des cochons, mais là n’est pas l’essentiel.

Bastogne fut choisie car il est bon de rappeler qu’il y a quelques décennies de cela, des Américains pas très préparés se sont faits hacher dans cette verdoyance bucolique. Et ils n’étaient même pas encore estampillés Veviba, c’est vous dire si, au niveau de la sécurité alimentaire, on est passé près d’une épidémie qui aurait renvoyé la grande peste noire du début du siècle dernier au rang de petite entérite. (Ca n’est pas moi qui le dit, cela avait été annoncé par un gastrologue).

Nous avons choisi Bastogne, car la ville est authentique. Quoi de mieux pour motiver les troupes que de se recueillir devant un char Sherman, doté, déjà, d’une direction assistée, en contradiction totale, d’ailleurs, avec le matériel blindé belge de l’époque, le piteux char Leroy, qui, lui, à l’époque, n’était pas assisté…’’Comme les temps ont changé !’’ a constaté Bart DE Wever, dernièrement, Bart DE Wever qui s’y connait beaucoup mieux en Panzer, lui, enfin soit, merci aux ricains, dans le char Sherman, il y avait un tigre dans le moteur, alors que dans le char Leroy, vous aviez un zèbre au volant, les performances en pâtissent, évidemment…

Bastogne où trône la statue du général Mac Auliffe qui, à la demande de sa reddition par l’armée allemande, répondit fièrement ‘’Nuts’’, des noix, au général Von Luttwittz, aujourd’hui, les représentants de la ville lancent des noix aux habitants depuis le balcon de l’hôtel, grande tradition wallonne, ça, d’ailleurs, il y a d’autres exemples, à Liège, du premier étage des intercommunales, on jette l’argent par les fenêtres, à Waterloo, jour de loterie au Congo, ce sont les enveloppes qui volent par-dessus les bâtiments, et alors, à Verviers, dans les boulangeries, les djihadistes se font plomber, à Alost, dans les tours, les bourgmestres se font sauter, enfin, bref, les traditions ont la dent dure…

Bastogne,  noeud cycliste de renom, Liège-Bastogne-Liège, la doyenne, et ce record de victoires détenu par Eddy Merckx, cinq, bravo Eddy, une nouvelle occasion de porter un toast pour le cannibale…une classique qui souriait au belge, même si le dernier vainqueur belge fut Philippe Gilbert en 2011, performance d’autant plus extraordinaire qu’il est le seul cycliste à avoir jamais remporté une classique en montant conjointement le mur de Huy et une véranda quatre saisons…

Voilà pourquoi nous avons choisi d’y descendre à Bastogne dans les Ardennes, nul doute que ce petit texte vous aura convaincu, vous aussi, de l’importance d’y venir passer vos congés durement acquis. »